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jeudi 29 mars 2012

Pixo kart

Crise oblige, j’ai réduit mon budget voiture, vendu la Mégane pour jeter mon dévolu sur une petite voiture citadine. La…Pi…xo… !
La Pixo, comment dire ? Petit gabarit, quatre places, quatre portes, quatre roues, un volant. Une voiture, quoi ! Une voiture qui roule, c’est tout ce que je lui demandais.

Prise en main au garage, sympa à conduire et nous arrivons, elle et moi à la maison, stop.
-          T’as acheté un kart, maman ?
-          Tu l’as trouve pas belle ma Pixo ? Regarde sa ligne, elle est mignonne !
-          Mais, maman, c’est un jouet !

Oh le vilain fils qui se moque. Mais tout compte fait, au fil des jours d’utilisation, il a un peu raison. Ma super petite « tuture » monte les côtes de 20% à soixante à l’heure et les descend deux fois plus vite. Sur les routes de ma ville, nids de poule, travaux en tout genre, bosses, dos d’âne, creux,  ça cahote dur !
-          Purée, ils ont omis la suspension chez Nissan, c’est pas possible !
J’ai l’impression de rouler avec des roues carrées ! Je me crois revenue au temps des diligences, au temps où la gomme était inconnue et le pneu encore moins. C’est vous dire !
Entre la Pixo et moi, il y a conflit, incompréhension. Elle me martyrise, oui, j’ai bien dit « martyrise ». Mon dos se rebiffe, il souffre. Je deviens tordue.
-          Comment ça, je l’étais déjà avant ? Moi, j’avais l’esprit tordu ?
Donc, j’ai choisi de me débarrasser du problème. Me débarrasser de cette voiture, mais voilà, qui en veut ?
Renault, niet ! Pourquoi ? Eh bien, je voulais la remplacer par une Dacia.
Eh non, tu ne peux pas. Parce que le garage ne veut pas de reprise pour une Dacia. Pas de chance.
-          De plus, madame, elle ne vaut plus grand-chose votre voiture !
-          Quoi, elle n’a même pas un an et moins de 8000 km. Et vous me la reprenez que 5000 euros, c’est du vol !
-          C’est l’Argus, madame !
Je t’en ficherai, moi de l’Argus !

Bon, passons pour Renault, pas commerciaux ces gens là. Du moins, ceux de mon agence, pour les autres je sais pas, je m’abstiens.
Allons chez le concurrent direct, Peugeot. Bon accueil, sourire.
-          Que désirez-vous, madame ?
Elle est bonne celle là ! Ce que je désire ? Ben une voiture puisque je suis chez un concessionnaire. Il en a des questions bizarres, ce vendeur.
-          Les occasions, je voudrai voir les occasions !

Tour du garage. Non, pas celle là. Celle là non plus.
-          Dites, elles ont des kilomètres vos voitures ou elles sont trop chères.
-          Ah, j’en ai peut être une qui vous conviendrait !
-          Non, celle là, là-bas, cette 207, elle est pas mal !
-          Non, madame, c’est la mienne !
-          Qu’à cela ne tienne, c’est celle que je veux !

Négociation de plus d’une heure et demie. Mon vendeur disparaît sous prétexte d’aller discuter avec son directeur, une fois, deux fois et la troisième, c’est à dire au bout d’une bonne demie heure, il revient…
-          Madame, je ne peux pas faire plus, déjà je vous reprends votre Pixo 1000 euros de plus. Vous avez vu l’Argus !
-          Oui, j’ai vu. Mais faites aussi l’Argus pour la votre !
Et la sienne, baissée de 1000 euros. Gagnant pour moi. Si tu les laisses faire, sans négocier, tu payes le prix fort, tu payes pour les autres.

Et je suis repartie avec une belle 207 quasi neuve. Fini les tape-culs, fini les cahots, fini les bosses, fini les dos d’ânes et tutti quanti.
Ça c’est une vraie voiture. Ah que je l’aime, que je l’aime.
-          Je suis passée du kart à la Rolls, tu vois mon fils.
-          Faut pas exagérer, quand même, maman, une Rolls, rien que ça !


Anne Kitline

jeudi 5 janvier 2012

La poule


C’est bientôt l’anniversaire de mon mari, 40 ans, il va avoir 40 ans. Franchement, je n’ai aucune idée de cadeau, et puis, à quoi bon ! Il a tout. Il se fait ses présents lui-même. Alors, je réfléchis. Un petit cadeau, voilà ce que je cherche, un truc pas encombrant, pas trop cher. De toute façon, il va mettre ça dans un coin. Quand je lui demande :
-         que veux-tu pour ton anniversaire ?
-         une Rolls, une Ferrari, une Rolex. Voilà sa réponse.
-         J’t’en ficherais, moi, t’as des goûts de luxe, Pépère !

On se connaît depuis le collège tous les 2, ça fait un bail. C’était le plus beau mec de ma classe, alors j’ai flashé, et lui idem et depuis, on ne s’est plus quitté. Tic et Tac, on nous appelait, comme les écureuils de la BD.
Déjà, à 12 ans, on voulait vivre ensemble et nos parents, les rosses ! Nos parents n’ont pas aimé du tout notre idée mais heureusement, il y avait les couloirs du collège, sans surveillance. Ah les bécots, les bisous, les câlins dans les escaliers, dans les recoins ! 
Belle jeunesse, disaient les profs.

Et bien, avec tout ça, aujourd’hui, je ne sais pas quoi lui acheter. C’est vrai, tous les deux, on a bien changé. On n’aime plus la même chose. Lui, il adore les films de capes et d’épées et au fil des ans, il est devenu champion des pets… au lit. C’est vous dire !

Bon, passons, donc, pour son anniversaire, j’ai invité des amis. Je téléphone à Suzy pour l’inviter et elle me dit :
-         attends, je n’ai pas d’éphémérides !
-         Tu n’as pas défait tes rides ?
La pauvre, elle en a des rides, et pas qu’une, plein, plein. Elle, elle a une idée pour son cadeau.
-         Tu lui offres une poule, une nana !
-         Quoi, une nana ?
-         Oui, comme les chippendales, les mecs, quoi !
-         Une séance de strip-tease ? Mouais !

Donc, le cadeau pour mon homme, c’est trouvé et le soir de sa petite fête, les copains sont là, tous à table et le cadeau est posé à même le sol. Une boîte, juste une grosse boîte, une belle boite toute enrubannée, haute au moins d’un mètre.
-         Ouvre là, mon chéri, je vois que tu ne tiens plus !
Il défait lentement, méticuleusement, le paquet en nous jetant des coups d’œil malicieux. Il fait durer le suspens, il ouvre le carton, et éclats de rire général, sauf lui. Tous ses copains pliés en deux à rire jusqu’aux larmes. Mon mari se tourne vers moi, stupéfait et furieux :
-         c’est quoi ça ?
-         ben… Une poule, mon chéri ! Suzy m’en a donné l’idée.
-         Ah non, moi j’avais pas dit une poule comme ça, j’avais dit une nana. Se défend Suzy, la pauvre !
-         Mais mon chéri, tu aimes tant les poules, je parles des cocottes, enfin, celles qui font cot-cot-cadette, les autres aussi d’ailleurs, alors…
-         Et tu la vois sur le balcon, la poule, manquerait plus qu’un coq.


Anne Kitline