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mardi 11 juin 2013

Coup de gueule

Un socialiste est mort ! Un grand socialiste ! C’est bizarre que dans nos sociétés il faut être mort pour devenir grand. Mort, tu as toutes les qualités. Dommage que de ton vivant, personne ne les a reconnues. Bref, mort, tu es génial. Vivant, tu étais de la merde. C’est comme la vache qui devient bœuf à sa mort. 
Z’avez vu,  les choses changent. T’es mort, on oublie tout, les bêtises, les erreurs, il ne reste que ton bon côté, ton bon profil. Pauvre homme, tu étais génial et toi-même, ne le savais pas. Quel gâchis ! Nous avons quand même un  drôle de rapport avec la mort, on te glorifie, on te loue comme un dieu ? 
Hypocrisie tout ça ! Z’en pensaient pas un mot ceux qui entourent ton cercueil aujourd’hui. T’ont même haï ! Bien sûr que si ! Mais comme tu es mort, tu es l’ami de tous. Fallait franchir le seuil définitif plus tôt ou faire semblant d’être déjà dans l’au-delà pour entendre ces éloges te concernant.  
Moi, j’aimerais bien que certains soient déjà mort mais faut pas rêver ! Alors, de ceux-là, je n’en vois, moi, que la mauvaise face. Font des conneries aussi grosses qu’eux, sous couvert des droits de ceci, des droits de cela…  Nous entrainent dans des conflits entre gens de même religion qui sont aussi mauvais d’un bord que de l’autre, aussi barbares, aussi intelligents pour nous faire participer avec notre armée aux guerres sur leur terrain. Et on y va ! Peut-être pas la fleur au fusil, mais on oblige notre armée à aller se battre pour une cause qui n’intéresse que certains bureaucrates intellos, politiques opportunistes, sous couvert des droits de l’homme ? Tu parles ! Connaissent quoi des droits de l’homme, ceux qui créent ces conflits ? Justement, la mort, pour eux,  c’est la gloire, les 80 vierges promises, le paradis. Foutaises, foutaises !
Moi, avec ma vue basse, qui ne vois pas plus loin que le bout de mon nez, je vous dis, à vous qui êtes dans les sphères gouvernementales, cessez de vous mêler de ce qui ne nous regarde pas, de nous obliger à mettre notre nez partout, d’importer dans notre pays, jusqu’ici  tranquille, des hommes qui veulent y installer leur façon de contraindre leurs semblables ainsi que leurs idées étriquées et belliqueuses. Notre armée, réduite à peau de chagrin, ne sera plus en état de nous défendre si besoin est, ils sont tous répartis sur des guerres externes  pour défendre des méchants face à d’autres méchants, des imbéciles face à d’autres imbéciles. Et le plus idiot dans tout ça, c’est nous qui mettons notre nez dans les affaires des autres. Qu’il est beau d’aller les aider ces pauvres gens ! Que nous sommes fiers de leur apporter la –démocratie - Que nous sommes fiers de les soutenir ! De soutenir qui ? De soutenir le bon contre la brute ? De soutenir le gentil contre le dictateur ? C’est leur problème, pas le nôtre ! Et puis, la démocratie, c’est seulement un mot, un mot prononcé dont ils ne connaissent pas la signification. 
« En Europe, z’ont la démocratie, peuvent faire ce qu’ils veulent, on peut même leur « foutre la merde », diront rien, sont démocrates ! »

Je suis égoïste ? Je suis raciste ? Non ! J’aime mon pays et je veux qu’on le respecte, c’est tout ! Que sa tranquillité, sa pensée, sa façon de vivre, toutes ses valeurs  soient tolérées et maintenues. 
Et que sous couvert d’arguments électoraux, on ne nous oblige pas à accepter ce qui est inconcevable chez nous.  Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées. C’est le paysan qui a raison, il est sensé, lui !

lundi 12 mars 2012

Le mot salvateur


Il y a un mot que les étrangers nous envient. Un mot libérateur, un mot salvateur qui s’adapte à toutes circonstances de notre vie. Un mot éructé, un mot éjecté, un mot clé en somme. Lequel ?
C’est le mot MERDE.
Vous êtes en colère : merde !
Vous êtes étonné : merde suivit d’alors, merde alors !
Vous ratez quelque chose : merde !
Quelqu’un vous ennuie fortement, dîtes lui merde et vous en aurez fini avec lui.
Vous allez passer un examen, le BAC ou autre, que vous dit-on : merde ! Un merde d’encouragement.
Au théâtre, vous entrez sur scène, on vous lance le grand mot : merde !
Sur le trottoir, vous marchez dedans et le premier juron qui sortira de vos lèvres sera : merde !

Je vous l’ai dit, ce mot soulage. Le premier qui l’aurait utilisé serait Cambronne ? Peut être mais pas sûre !
Il est si français, si naturel, si spontané qu’il nous suffit de le prononcer pour nous sentir beaucoup mieux.
On peut le répéter à satiété, le dire plusieurs fois, en général trois fois de suite, merde, merde, merde ! Là, ça dénote une grosse colère, une énorme insatisfaction. Ce mot, vous le lancez en y ajoutant souvent une grimace pour le rendre encore plus percutant.
Vous serrez les poings, vous serrez les dents, vous  crachez le mot, et là, tout est dit. Merde !

Ah, vous voulez me contredire, me rappeler que ce mot existe aussi dans d’autres langues. Oui, je sais, ils ont copié sur nous, voilà tout !
Bon, pour les latins, comme nous, c’est le même mot sauf qu’on y met un A en final à la place du E.
Les allemands, les anglais. Oui, ils le disent mais pas de la même façon que nous.
Pour nous, il fait partie intégrante de nos journées. Pas un seul jour où il ne sera pas prononcé jusqu’à des milliers de fois, crié, murmuré, émis dans un coin, en sourdine, jeté à la figure de celui qui vous enquiquine toute la sainte journée.
Ce mot une fois lancé permet de tourner la page. De tourner le dos à l’ennuyeux, de faire l’hôtel du « cul tourné ».
Ça calme, ça soulage, ça libère, c’est dit, on n’y revient pas. C’est une exclamation qui signifie un point final à toute discussion.
Cependant, on peut y adjoindre d’autres petits mots « sympathiques », qui alliés les uns aux autres sont encore plus libérateurs.
-          Ne me dîtes pas que vous ne les avez jamais associées, ces petits mots supplémentaires.
Merde, putain, fait chier !
C’est vrai, là, votre ventre se détend, vous respirez un air neuf, vos épaules se décontractent, vous vous sentez mieux, beaucoup mieux !
-          Je suis vulgaire, c’est ça, j’ai bien entendu ?
Il est vrai qu’à la place de ce mot, merde, j’aurais pu vous parler du mot « crotte ».
-          Vous voyez, ça vous fait sourire !
Je pense comme vous, l’impact n’est pas le même. Le mot « crotte » est un mot pour enfant, pour adulte qui n’ose pas se lâcher.
Ce n’est pas un mot de soulagement, c’est un mot de constatation et non de contestation. C’est dit avec plus de modération, c’est plus timoré, plus timide, tandis que notre MERDE français, lui, il a de l’ampleur, enfin, il a de la gueule ! 

Anne Kitline