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vendredi 14 juin 2013

Oculolinctus

Ça nous vient de l’autre côté de la terre. Vrai, c’est le monde à l’envers, de ceux qui marchent sur la tête. 
Une pratique douteuse, l’oculolinctus. Ce n’est pas vulgaire mais c’est tordu. Ce n’est pas un truc cochon, même si ça commence par OCUL. Avant, il y avait : œil pour œil, dent pour dent et aujourd’hui, la nouvelle tendance, c’est : œil pour langue. 
Oculo, c’est le neuneuille et lingua c’est la mouillette.
Tu lèches l’œil, bien sûr pas le tien, mais celui du copain ou de la copine et tu lui colles des microbes, des cochonneries impensables et si tu as de l’herpès, alors, je n’en parle pas. Hosto direct et dare-dare. C’est contagieux ce bidule. 
Malgré ça, c’est le nouveau jeu préféré des ados. Et comme ça, tu pourras dire : au moins, j’ai quelque chose à l’œil ! Mais ce ne sera pas gratos, t’auras déjà payé de ta personne.
- Mon œil, tiens ! Pourras-tu encore faire de l’œil à ta bien-aimée ?

On disait : bon pied, bon œil et aujourd’hui : bon œil, belle langue. Beurk ! 
C’est une histoire à pas fermer l’œil de la nuit et le matin tu ne verras plus les choses du même œil, encore moins d’un bon œil et là, tu auras le mauvais œil. La poisse ! Après ça, je te jure que tu auras l’œil et que tu pourras aussi l’ouvrir, l’œil.


Oui, j’ai dit œil, mais ça peut-être les deux qu’on te lèche. Tu ne seras plus jamais mal léché, les yeux dans les yeux de ta belle, ou entre quatre yeux si tu préfères, vous serez tout yeux, tout oreilles. Euh ! Tout yeux, tout langues ! 
Avant que ce phénomène te sorte par les yeux, tu risques d’avoir froid aux yeux, à tes yeux tout mouillés par les léchouilles et ce n’est pas en faisant les yeux doux, ni les yeux ronds que ce jeu cessera, mais moi, je t’aurai à l’œil !

jeudi 14 février 2013

Processus de ...


C’est une dure lutte que la lutte intestine. Je suppute que je lutte dans le seul but d’oublier que ça me rebute d’ingurgiter tant de flotte avec tant de purge incorporée.
Pas de flottement, les gars, faut l’avaler. L’avaler pour mieux l’évacuer, c’est le but.
-          Pour vous, ce sera une gastro et colo ?
Tu parles d’écolo, ce n’est pas très écolo tout ça et pas ragoûtant du tout. Quoique faire une purge chez les écolos… Mais passons !

Donc, ce cher toubib sait prendre les choses par les deux bouts et va vérifier ma beauté intérieure. Il va me faire des clichés et me les donner.
Ce n’est pas sympa, ça !
Des photos à l’œil. Des photos de mes boyaux à l’œil ! Franchement, je suis mal foutue ! Ou mon œil est trop bas, ou mes boyaux sont trop hauts. Un Picasso, je suis un Picasso ! Quelle veine !
En parlant de veine, l’endormisseur de service, il va devoir les trouver mes veines. D’autant plus dans le tableau de mon œil et de mes boyaux cul par-dessus tête, va trouver où piquer, va trouver la veine.
T’inquiète, je noircis le tableau. Adieu Picasso !

Donc, pendant l’exploration de moi par le gastro, métier où il y a de nombreux débouchés, je vais dormir du sommeil du juste ou juste dormir.
C’est génial moi je dors et le toubib bosse et en plus, c’est le boss et il bosse fort mais ce n’est pas une tête de Turc pour autant.
Ce que je lui souhaite, c’est de ne pas avoir du tracas jusqu’au cou, son cou si près de mon tronc. Bon, je m’égare, là ! (ça c’est pour Momo).
Enfin, à force de te raconter des trucs "perso, tu vas finir par me connaître à fond.
A fond le caisse !
Qu’est ce que je dis, moi ? N’importe quoi !

Exploration terminée, retour à la case départ et réveil en fanfare. Le processus de pets à commencé. Le pet des uns et le pet des autres, le pet dans l’âme.
-          Non, ce n’est pas là que ça se situe !
La fanfare du voisin d’à côté est en marche, tonitruante, ultra-sonore, profonde ! Au suivant ! A qui le tour ? On est combien, là ? Cinq, six ? On vous prépare un joli concert pour pets en sol mineur.

Tu te rends compte, les infirmières qui à longueur de jours et d’années vivent dans ce tohu-bohu et je ne parle que du son. 
En ont-elles fait leur thèse, une belle thèse, écrite les pieds au chaud. Enfin, l’avaient elles bien conçue, cette thèse ? (Toujours pour Momo).

Bon, après ce passage privé, privé de retenue, je n’en retiens qu’une chose, c’est fini. Ouf !
Et bon appétit !

samedi 23 juin 2012

Les lentilles


Je suis « miro », pas le peintre, non, je suis « miro », comme une taupe, bigleuse. Je porte des lunettes, des carreaux d’au moins un centimètre d’épaisseur, grosse monture marron-foncé… tu vois le look ? Pas franchement génial. Et même avec ces verres, ma vue est défaillante, alors, port de lentilles me dit mon « ophtalmo ».
-          Ah non, pas de lentilles, ça fait trop mal aux yeux !
-          Essayez quand même !
Et me voilà chez Dencott, LE spécialiste des lentilles de contact (à l’époque de la préhistoire des lentilles.)
Donc, premier essai. J’ai la plage dans les yeux, tout le sable de la plage, ça pique, ça gratte et je pleure, je pleure… ben non, pas toutes les larmes de mon corps, il faut qu’il en reste pour demain. Car, demain, je dois recommencer à les porter, je dirais plutôt à les supporter et ce durant trois bonnes heures au moins.

Six mois ont passés, on s’habitue à tout, même aux lentilles de contact. Je suis pour le contact, le contact en tout genre, mais le contact avec mes lentilles me semblait perdu, il ne fut que difficile, on ne peut plus difficile ! Bref, je les mets déjà, presque une journée, miracle !

Mais pour les poser sur mon œil et sur les deux yeux, il me faut… allez… plus d’une heure. La lentille placée sur mon doigt qui s’approche de mon œil façon « indien sur le sentier de la guerre », en catimini. Raté, l’œil se referme instinctivement et la lentille se barre dans le lavabo. Si vous ne savez pas, la lentille semi-rigide ou semi-souple, ça dépend de l’optimisme de l’utilisateur, est transparente et donc si vous voyez mal ou peu, la lentille est invisible. A tâtons, car j’ai les yeux au bout des doigts, je retrouve ce petit bout de plastique dur au fond du lavabo. Ouf ! Il n’a pas chu dans le trou !

Autre matin, mal réveillé, j’ouvre le flacon pour prendre ma lentille. Je la pose sur mon doigt pour mettre celui-ci dans l’œil. Oui, je ne vous ai pas dit, je me mets le doigt dans l’œil tous les jours, pouvez-vous en dire autant ?
-          Merde… je l’ai perdu ! (Dans ce cas là, je ne suis pas polie du tout.) Chéri, viens vite !
Et Chéri se lève en rechignant, il est six heure du « mat ».
-          Ma lentille est partie dans le siphon !
Et le pauvre Chéri démonte le siphon en rouspétant. Rien, il ne trouve rien, pas plus de lentille que de beurre en broche. Tiens, je suis côté alimentaire, beurre, broche, lentille, quel repas !
Mon cher mari remet le siphon en place après avoir cherché, lavé et rincé ce tuyau, tandis que je m’imagine déjà avec une seule lentille sur un seul œil. Pour y voir plus clair, c’est réussi !
Sitôt mon époux hors de la salle de bain, je constate que la dite lentille se trouve gentiment au fond de son flacon d’origine. Je ris sous cape, mon Chéri a fait tout ça pour des prunes, mais je ne suis pas idiote, j’ai rien dit, pas soufflé mot de ma trouvaille.

Autre jour, autre petit malheur. Je m’explique. L’œil me grattouille, me chatouille, alors, avec ma délicatesse légendaire, je frotte, et re-merde, je vous ai dit, je ne suis pas distinguée quand il s’agit de ce corps étranger dans l’œil. Cette lentille, s’est coincée dans le coin droit, en haut, vous voyez, lorsqu’on essaye de faire les yeux blancs, elle s’est nichée là-haut.
Panique… comment je fais pour la remettre sur l’iris ? Et en plus, ça fait mal.
-          Cochonnerie de truc à la « con » ! Chéri, viens m’aider, s’il te plaît !
Il lui plaît, mais il n’arrive à rien et la douleur augmente et j’ai peur de ne jamais pouvoir la récupérer.
Et puis, toute seule, comme une grande, cette fichue lentille réintègre sa place. Comment j’ai fait ? Mystère ! J’ai pas compris le mode d’emploi. Et si encore ça ne s’était produit qu’une seule fois, mais non, j’ai souvent récidivé. Ah les lentilles baladeuses, quelle joie ! Mais les lentilles sauteuses, c’est autrement perturbant.
Un jour de grand vent, « paf » je perds ma lentille dans la rue. Oui, le vent assèche l’œil et la lentille se décolle. Donc, mon verre de contact saute et tombe sur le bitume et Chéri et moi, à quatre pattes, fesses en l’air dans la rue piétonne, pour retrouver ce petit machin de même pas un centimètre de diamètre. On ne l’a pas retrouvée, bien sûr, et moi, par contre, je me retrouve borgne ou quasi borgne, je ne vois plus que d’un œil.
Et hop, chez l’ « oyoliste » pour commander une lentille. J’ai bien écrit l’ »oyoliste », oculiste, qu’ausculte t-il ? Bon, mauvaise blague à part, durant un voyage en Italie, pour quel motif, j’ai perdu celle de l’œil droit, mais j’avais une autre de secours, seulement c’est pour le gauche.
-          Bonjour Docteur, voilà, je viens vous voir, j’ai deux yeux gauches !
Le toubib m’a regardé comme si je venais d’une autre planète ou que j’étais complètement débile.
-          Ah, très chères lentilles, je vous adore malgré toutes les petites misères subies lors de votre port. Je vous adore car j’ai gagné un dixième de vue, alors je vous chéris, n’est ce pas Chéri !


Anne Kitline

vendredi 27 janvier 2012

Tous les coups sont permis

Coup de gueule
Si t’es « out », t’es pas « in », t’es « has been », t’es pas dans le coup ! Sans coup férir, tu te retrouves couvert de ridicule, et comme le ridicule ne tue pas, tu vis recevant les coups assénés. Les coups de fil, les coups de matraque, donc, coups et blessures, les coups tordus, les coups par en dessous, les coups vaches.
C’est pas fini, y’en a quatre cents ! Oui, les quatre cents coups !
Je reviens juste après coups vaches, pour sonner les trois coups. Ceux-là, ne sont que trois, mais c’est important, vu que c’est là que tout commence, par le meilleur, eh bien, le meilleur coup. On sait pas qui c’est et il peut être capable de coup de cœur, de coup de tête ou de mauvais coups, donner des coups de pieds, voir des coups bas et partir en coup de vent et sonner les trois coups définitivement.
Toi, tu vas accuser le coup et à coup sûr, tu tiendras le coup. Mais après coup, tu sais que le coup de foudre, c’est du bidon. Et puis, coup de chance, te voilà qui gagnes à tous les coups, juste après un coup de bluff, fini les coups fourrés, les coups tordus, et franchement, ça t’as fichu un coup, hein ! T’en as pris un coup sur la carafe car t’avais pas calculé ton coup. Et voilà, que tu fais coup double, attention de pas rater ton coup, prépare bien ton coup parce qu’il faut que tu tiennes le coup, ça doit valoir le coup, tout ça !

Cendrillon, tu te rappelles de Cendrillon, après les douze coups de minuit, coup de théâtre, son coup à foiré, fini le carrosse, bonjour la citrouille malgré ses coups d’œil répétés au prince charmant, elle s’est tirée à coup d’aile et personne ne lui a donné un coup de main.
Retour à la maison, coup de sonnette, la porte s’ouvre d’un coup. C’est reparti pour un coup de Jarnac. Ses sœurs lui font des coups en douce, jamais un coup de pouce dans les travaux, mais pour manger, quel coup de fourchette elles ont. Et comme elles fichent rien, pas de coup de fatigue, elles passent leur vie dehors, et là, coup de soleil sur le pif. Bien fait pour elles !
Et Cendrillon se tape tout le boulot, coup de chiffon, coup de brosse, coup de balai, coup de fer, coup de peinture et en plus, coup de cafard, la pauvre ! Jamais un coup de gueule, ni un coup de griffes, ni un coup de dent. Mais qu’est-ce qu’elle aimerait donner des coups redoublés, des coups répétés, des coups de bâton, des coups de fouet, des coups de boule.
-    Ah non, pas des coups de boule, je suis trop sensible ! Se dit-elle.

Et oui, ma pauvre, c’est un coup du destin, un coup du sort. Tu as le chic de recevoir des coups par derrière, des coups pour rien, des coups qui pleuvent, d’un seul coup, tous les coups sont permis.
Encore un petit coup, car tout d’un coup, je sais que j’ai omis des coups sous le coup de l’émotion et je vais en mettre un coup. Ai-je bien ajusté mon coup ? Ai-je été dans le coup, ou hors du coup ? C’était un coup d’essai et je ne m’attendais pas à un coup de maître, ni à un coup d'épée dans l'eau.
-    Coucou !


Anne Kitline