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vendredi 8 novembre 2013

Aquagym - F

L’aquagym… L’aquagym c’est merveilleux ! Tous en maillot de bain, seyant ? Pas sûr ! 
Bibendum quelquefois, ou peut être Bibendum souvent, mais chacun fait des efforts pour ne pas montrer ou justement l’inverse, pour se faire voir, c’est selon. 
Donc, tu as tenté des maillots justes-au-corps pour te mincir. Pas de chance, c’est peine perdue. Ça dépasse du dessus, ça tombe du dessous, ta peau frise, ride à tous niveaux… Bras, Jambes, cuisses, cou, dos… N’en jetez plus, la cour est pleine ! Euh ! La piscine est pleine, pleine de nous, aquagymeurs de tous poils.
Moyenne d’âge ? Trois ! Pas trois ans, troisième … Âge, cheveux gris, or gris. Cheveux par contre, c’est une supposition, car on nous attife de bonnets qui nous font une tête de suppositoire. Oui, j’ai bien dit : suppositoire, ou pire, capote mal posée. 
Attention à l’éjection si celle-ci est en caoutchouc, elle s’insère avec difficulté sur les crânes et enserre la pauvre tête qui commence à se faire des nœuds… Au cerveau. Vérifiez l’expression : tête de no…
Bon ! Le cours commence ! Échauffement, en douceur, largeurs de bassin aller/retour, et que ça saute. Non, pas encore, sauter c’est pour dans vingt minutes, pas avant.
-        Montez les genoux jusqu’à la poitrine ! Dit le maître-nageur.
-   Moi, j’ai de la chance, ma poitrine est tombée, moins d’efforts à fournir !
C’est le ballet des corbeaux aquatiques, tous habillés de noir, et de temps en temps, un maillot bleu fait son apparition et vient égayer, telle une fleur isolée, tous ces « noirs maillots.»
-    Jambe droite en équerre sur le côté et faites pivoter vers l’arrière ! Annonce le maître-nageur d’une forte voix pour que tous entendent car le bonnet fait bouchon en couvrant les oreilles, et surtout, comprennent.
Mais voilà, l’a pas compris la madame derrière moi.  Elle tique. Pour une aquatique, c’est peut être normal. Faudrait lui faire une gymnastique des neurones, une connexion individuelle, une « neurogym.» Elle ne suit pas la cadence. Le rythme est trop dense. Elle n’entre pas dans la danse. Quelle engeance !
J’avais un doute, je croyais qu’elle fayotait, mais non, elle ne pige rien. C’est pire ! Petite tête au propre, car j’espère qu’elle est propre, comme au figuré.
Figurez-vous la scène… vingt-cinq baigneurs, luttant contre l’eau pour endurcir leur corps « d’athlète » de plus de soixante ans -  Si, je vous l’avais dit : troisième âge, rappelez-vous – donc, corps d’athlète sans barres de chocolat – nous, on les avale les chocolats – qui gesticulent en quasi cadence, c’est d’une beauté !
-         Maintenant, pour finir, on va s’étirer !
-        O.K., je me tire !
Direction les bulles du jacuzzi, coincer la bulle, les bulles ! Emprisonner les microbes et les crobes, mais jamais malades, nous autres, on est vaccinés depuis le temps qu’on trempe !


mercredi 22 août 2012

Canicule, cool !


Mon frère, mon pauvre frère qui vient du froid, du brouillard et de la pluie, bref, qui vient du NORD a choisi de venir me voir dans le grand Sud, en pleine canicule, entre trente deux et trente cinq degrés et la nuit vingt huit, vingt neuf. 
Déjà que d’habitude il a chaud quand il fait vingt, là, il fond comme glace au soleil ! Sauf qu’il n’a pas besoin de soleil, ni de s’exposer pour devenir liquide, car il est liquide ! A tel point, que si tu essayes de l’attraper, il te glisse entre les doigts, ça dérape. Pour peu que toi aussi tu transpires, ça fait deux corps liquéfiés qui glissent comme des savonnettes mouillées.
Tout corps trempé par un liquide rencontrant un corps identiquement mouillé, se sent humide jusqu’aux os. Nouveau proverbe caniculaire.
Quand je pense que « canicule » en russe veut dire « vacances », pour mon frère, égal : « merdouille ».
Mer d’huile, s’il veut se baigner, baigner son corps baigné de sueur.
Depuis qu’il est ici, il vit, sa serviette à la main. Non, pas l’attaché-case du boulot, juste une serviette pour l’essuyer qui en peu de temps se retrouve trempée comme une soupe, moins les carottes et les poireaux.
Tu veux lui offrir une glace, rien qu’en l’approchant de lui, la glace coule dans sa main. Je te dis, moi, son thermostat est déréglé, il doit lui indiquer qu’on est en hiver et se mettre à chauffer à bloc, faut appeler la maintenance. Hélas, pour le corps, pas de maintenance,  ça ne fonctionne pas.
Je ne me moque pas, je constate !
C’est vrai que je n’ai pas la « clim ». Ça ne me branche pas de brancher ce truc. Ça me refroidit, je veux dire, je ne suis pas chaude.
-         j’ai une clim réversible. Me dit une copine.
-         Et alors, que veux tu que ça me fasse !
-         Tu devrais l’installer, c’est efficace !
-         J’aime pas !
Elle me casse les pieds, celle là, qu’est-ce que je m’en balance de sa clim, elle fait ce qu’elle veut !

Donc, mon pauvre frère tout mouillé, s’il se couche, en quelques minutes se croit dans une baignoire tant ses draps sont imbibés, non, pas d’alcool, mais d’eau, imbibés d’eau. Il s’ingénie à prendre des douches. Qu’il soit dessous ou non, il est toujours aussi trempé. Je devrais l’appeler : mouillette ! Oui, c’est ça, mouillette, je crois que ça lui sied bien. Je ne peux pas dire : ça lui colle à la peau, vu qu’il ruisselle comme une fontaine et que rien ne peut coller.

Viens, petit frère, viens dans mon Sud ! Climat doux, tempéré, toujours de l’air. Eh bien non, pas quand tu débarques, là, le temps change, il se met à faire humide. C’est pour te souhaiter la bienvenue, pour que tu coules, pas des beaux jours, non, pour que ton corps coule, se vide de son eau.
-         Arrête, tu vas remplir la mer, on ne veut pas de ton eau ! Je n’ai pas dit tonneau, sèche tes oreilles !
J’aurais  pu être plus sèche, ça l’aurait refroidi.
-         Mais non, cool, m’a-t-il dit…
Quoi, coule ? Pourquoi coule ? Je ne coule pas moi !


Anne Kitline

mercredi 1 août 2012

La plage

J'habite à deux cents mètres de la plage, plage familiale s'il en faut. Chaque été, les mêmes têtes d'adultes vieillissantes et les enfants ou petits enfants qui grandissent. On se connaît, on se reconnaît, on se retrouve. La routine ? non !
Début juillet, les peaux blanches arrivent, elles sont blanches seulement le premier jour, le second, c'est rouge, peaux rouges, homard bien cuit sur toutes les coutures. Les habitués sont déjà couleur pain d'épice ou même plus foncés, c'est selon.
Quinze heures trente, seize heures, il fait chaud,  c'est le départ, sac prêt avec serviettes, en route pour le bain. Tu poses le bardas, chaise et sac, tu retire tes habits, sauf le maillot, on est pas naturiste, et direction l'eau.
Brrrrr... Elle est gelée cette flotte, pire que gelée, ça te glace les doigts de pied. Tu oses un orteil, un pied, puis la cheville et d'un coup, un gamin t'éclabousse. Il n'a pas froid le gosse et il joue, alors, toi, sur son passage, il ne te voit pas; Tu viens de pousser un cri, presque un hurlement :
- C'est froid !
Et là, ton petit fils arrive et ne trouve rien de mieux que de te balancer une autre giclée en rigolant à tes dépens. 
Ma vengeance sera terrible ! Mouillée pour mouillée, je fonce vers lui. La vache, il est plus rapide que moi, et j'en prends plein la figure. Bouhou... Je ne vois plus rien ! Le petit monstre s'en fiche et remet ça de plus belle.

Au bout d'une bonne heure de jeux aquatiques, épuisée, je retrouve mes amis de plage planqués sous les parasols, trois ou quatre parasols plantés les uns à côté des autres, en cercle. En fait, quand je dis -sous les parasols -, c'est faux, je devrais dire : installés autour des parasols. 
- A quoi servent les parasols ?
Ça sert à garder au frais, à l'ombre, les sacs de plage de nous tous, au cas où les serviettes qui sont dedans auraient trop chaud. 
- Tu ris, ce n'est pas une blague, mais c'est marrant à voir.
Sur la plage, on nous repaire vite, des parasol bleus, rouges, et personne dessous, voilà, c'est nous ! Consciencieusement, on fait de l'ombre, mais pour qui ? Si tu as trop chaud, on t'invite, y'a de la place au frais chez nous !

Ce que j'aime dans tout ça, c'est que je ne fais plus rien, sauf allonger mes guiboles sur le sable et écouter les copains refaire le monde. On a tout le temps pour ça et les idées fusent. Ça sert à rien, je sais, mais ça occupe les après midi et à six heures, dix huit heures, retour au bercail. Et c'est reparti, douche, linge, repas, vaisselle... Petit tour du soir, une bonne heure de marche et toujours le même chemin, s'il vous plaît, faut pas changer, hein. Routine, routine, quand tu nous tiens... tu nous tiens bien, je t'assure. 
Ouvre moi la porte, toi qui a le clé... Moi, je l'ai perdue depuis longtemps, la clé. J'ai beau cherché, introuvable, cette foutue clé. Où quelle est ? L'été va passer, comme chaque été, plage, plage ! Viens, je t'invite !

Anne Kitline