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mardi 8 septembre 2015

Couverte de la tête au pied


Peut être le sais-tu, j'habite au bord de la Méditerranée, mer bleue s'il en faut. Propre ? Çà je ne sais pas, mais où je vais l'été, elle est translucide et bonne. 
Cet été, plage bondée, parasols multicolores, serviettes étalées sur le sable fin, le soleil plombe, alors on fait trempette en maillot, car nous ne sommes pas chez les naturistes.
Chacun sait que dans ces camps, il y a les nudistes et les textiles. L'un est à poil et l'autre vêtu. 
Eh bien, cet été, j'ai vu l'extrême sur ma plage et dans la mer. Plus qu'habillée, la femme... voilée... quasi de la tête au pied. 
Les têtes se tournent, les yeux se fixent sur cette personne, bientôt rejointe par 2 acolytes présentant le même aspect d'habillement, y compris le voile.
Là, ma vue se voile, ai-je bien vu ? Suis-je à la bonne plage ? Ai-je voyagé sans m'en rendre compte et traversé la Méditerranée pour me retrouver au Magreb ? Que nenni, ma pauvre fille :-((

Je pense aux femmes de mon pays, qui se sont battues pour que moi, j'ai des droits, pour que je me sente libre, pour avoir le droit de me montrer comme je suis, et elles, couvertes comme une tente Queschua tandis que leurs hommes se pavanent en short, j'en frémis de colère et de honte pour mon pays qui tolère ces accoutrements d'un autre temps, ces coutumes archaïques venues s'imposer chez moi. 
Faut pas froisser…
Mais moi, je suis indignée, je suis froissée, faut-il plier? 

Si un jour, et ce jour arrivera peut être, on oblige les femmes de mon pays à se couvrir de la sorte, je me taille les seins, m'habille en homme, et me fais pousser la barbe intégrale, faute de nu intégral !

vendredi 25 octobre 2013

Temps à la mer

Depuis plusieurs jours, temps à la mer. Ça poisse, ça colle, ça pègue ! Faut vous dire, j'habite une île... Presque... Une presqu'île, quoi. Avec une seule ville posée dessus, et quelle ville ! Mais pour le moment, là n'est pas le problème. Le problème, c'est l'humidité. Tu passes le balai dans ta maison... ou plutôt, tu essayes. Dur, dur... Ce fichu balai qui devrait ramasser les poussières décide de rester collé là où tu commences à balayer. Il a les poils humides et ne veut pas bouger de sa place. Tu as beau le forcer, l'insulter, lui dire des mots gentils; rien n'y fait. Il est planté là et n'en démord pas. Tu le forces et quand je dis "forces", c'est vraiment "forces" et à ce moment, il avance d'un mini-millimètre en traînant ses poils derrière lui. Le manche et le bois du balai veulent bien, mais les soies ne suivent pas. Je vous dis, moi, il y a conflit. C'est sûr !
Je te raconte le balai, alors imagine les chaussures, qui elles aussi ont une grande tendance à coller au carrelage. Et si ça ne colle pas, ça laisse des traces. Tu avances, un pas, puis un autre et le tout s'accompagne d'un bruit de... Allez, de sucions, de ventouse. Ce n'est pas top quand même ! Et si tes chaussures, tes chaussons sont un peu cradent, on te suit à la trace. C'est merveilleux !

Dans ces moments là, tu te dis : que faire le ménage, eh bien, c'est niet ! Ou alors, tu passes ta journée à astiquer, briller, reluire, astiquer, briller, reluire. Ce n'est pas reluisant et c'est fatigant, hein !
Et si je te causais de ta personne, car là aussi, tu poisses, tu colles, tu sues, tu es en eau. Que tu sois en haut de la colline ou en bas, c'est pareil et peut-être pire en haut dans la brouillasse poisseuse de Saint Clair. C'est le nom de la montagnette de ma ville; le Mont Saint Clair, moins de deux cents mètres de haut, notre mont. Mais bon, comme le Mont Blanc, quoi ! 
On est modeste de par chez nous !
Donc, tu transpires à mort ! Prendre une douche ne sert pas à grand chose, il t'en faudrait au moins dix par jours. Tu insistes, tu prends quand même une douche et ta salle de bain devint un sauna, de la vapeur partout, impossible de te mirer dans tes glaces. De la buée à revendre. Tu essuies, et deux secondes plus tard, c'est comme avant. Alors tu recommences, encore et encore. 
C'est bon, ça te fait faire de l'exercice, au moins !

Ça suffit, donnez moi du Mistral ! Donnez moi de la Tramontane ! Mes poumons n'en peuvent plus d'être baignés dans cette moiteur, je suffoque, je souffle comme un boeuf !
Demain, il fera beau et le vent chassera cette couche de nuages archi-humides, car en plus, chez moi, il ne pleut pas, ou à peine une goutte par ci, par là. Donc, la pluie qui ne tombe pas reste dans l'air. Tu vois le tableau ? A toi qui vit dans des contrées où le temps est toujours beau et qu'on te dit que tu as la tête dans les nuages lorsque tu rêves, eh bien nous, ici, on vit quelquefois dans le nuage. Chacun son truc !

lundi 14 janvier 2013

Le pull à pingouin


Dans l’Antarctique, ont-ils froids, ceux qui y vivent ? Le peu d’hommes, là-bas, se couvrent. Bien emmitouflés, bien gantés. Peuvent pas rester longtemps dehors, ça gèle et même plus, ça glace, dessus, dessous, dedans, partout.
Mais les pingouins ?
Il y a des pingouins à plumes. Il y a des pingouins à pull et des pingouins pas à pull, mais il n’y a pas de pingouins pas à plumes, ils sont tous à plumes et eux,
savent résister aux très grands froids.
Seulement voilà, l’homme est passé par là et nos pauvres pingouins se retrouvent tout noirs, tous englués.
Tout noir de pétrole sur leurs jolies plumes.
Tout noir de nos dégazages, de nos naufrages, de nos bateaux éventrés et échoués.
Ils n’ont rien demandé à personne. Ils vivaient une vie rude, dans le froid, l’air pur, la mer propre et nous, on a tout dégueulassé.
Ces petits animaux à plumes blanches et noires, par le mazout deviennent tout noirs, luisants, pollués et que font-ils ?
Avec leur bec, ils tentent d’ôter cette « merde » qu’ils ont sur eux. Total, ils en meurent.

Dans l’hémisphère nord, une allemande, une allemande géniale qui tricote dans son coin a eu une idée super. Faire tricoter ses compatriotes. Pas pour faire n’importe quoi. Pas pour faire des cache-nez, ni des bonnets, ni des gants.
Pour faire des tous petits pulls.
J’ai cru en les voyants que c’était pour des Yorkshires. Ce n’est pas grand un York !
Pour faire des mini-pulls pour les petits mazoutés.
Des petits pulls pour pingouins.
Et toutes ses copines s’y sont mises. Des dizaines, peut être des centaines de copines, peut être toutes les allemandes et au final un monceau de petits pulls pour pingouins.
Elle ne sait plus où les mettre, tant il y en a. Son agence déborde de petits pulls entassés dans des cartons. Il y en a partout, jusque devant la vitrine, ça déborde.
-          Z’avez trop tricoté, les copines ! Stop !
Des milliers de mignons petits pulls de toutes les couleurs.
-          Toi le bleu, toi le vert, toi le gris…  Chacun aura le sien !
La banquise, euh non, l’Antarctique prend des couleurs. Sur le blanc, ça se marie bien, ça ressort et c’est gai.
Et nos chers petits pingouins ne se boufferont plus les plumes au mazout et pourront grâce à l’Allemagne vivre plus longtemps et peut être un peu tranquille, une fois le pull enfilé.

Mais que faire du stock restant ? Y a-t-il d’autres petites espèces que nos allemandes voudraient sauver ? Allez, donnez des idées !
Les chats ? Non ! Ils craignent le froid et restent au coin du feu. Les petits chiens à mémère ? Pourquoi pas !
Ou alors, mesdames, il faut tricoter plus grand. Plus grand pour des bêbêtes plus imposantes.
Je ne me porte pas volontaire pour mettre vos tricots sur le dos d’animaux plus volumineux et surement agressifs.
Non, pas moi !

Anne Kitline

mercredi 22 août 2012

Canicule, cool !


Mon frère, mon pauvre frère qui vient du froid, du brouillard et de la pluie, bref, qui vient du NORD a choisi de venir me voir dans le grand Sud, en pleine canicule, entre trente deux et trente cinq degrés et la nuit vingt huit, vingt neuf. 
Déjà que d’habitude il a chaud quand il fait vingt, là, il fond comme glace au soleil ! Sauf qu’il n’a pas besoin de soleil, ni de s’exposer pour devenir liquide, car il est liquide ! A tel point, que si tu essayes de l’attraper, il te glisse entre les doigts, ça dérape. Pour peu que toi aussi tu transpires, ça fait deux corps liquéfiés qui glissent comme des savonnettes mouillées.
Tout corps trempé par un liquide rencontrant un corps identiquement mouillé, se sent humide jusqu’aux os. Nouveau proverbe caniculaire.
Quand je pense que « canicule » en russe veut dire « vacances », pour mon frère, égal : « merdouille ».
Mer d’huile, s’il veut se baigner, baigner son corps baigné de sueur.
Depuis qu’il est ici, il vit, sa serviette à la main. Non, pas l’attaché-case du boulot, juste une serviette pour l’essuyer qui en peu de temps se retrouve trempée comme une soupe, moins les carottes et les poireaux.
Tu veux lui offrir une glace, rien qu’en l’approchant de lui, la glace coule dans sa main. Je te dis, moi, son thermostat est déréglé, il doit lui indiquer qu’on est en hiver et se mettre à chauffer à bloc, faut appeler la maintenance. Hélas, pour le corps, pas de maintenance,  ça ne fonctionne pas.
Je ne me moque pas, je constate !
C’est vrai que je n’ai pas la « clim ». Ça ne me branche pas de brancher ce truc. Ça me refroidit, je veux dire, je ne suis pas chaude.
-         j’ai une clim réversible. Me dit une copine.
-         Et alors, que veux tu que ça me fasse !
-         Tu devrais l’installer, c’est efficace !
-         J’aime pas !
Elle me casse les pieds, celle là, qu’est-ce que je m’en balance de sa clim, elle fait ce qu’elle veut !

Donc, mon pauvre frère tout mouillé, s’il se couche, en quelques minutes se croit dans une baignoire tant ses draps sont imbibés, non, pas d’alcool, mais d’eau, imbibés d’eau. Il s’ingénie à prendre des douches. Qu’il soit dessous ou non, il est toujours aussi trempé. Je devrais l’appeler : mouillette ! Oui, c’est ça, mouillette, je crois que ça lui sied bien. Je ne peux pas dire : ça lui colle à la peau, vu qu’il ruisselle comme une fontaine et que rien ne peut coller.

Viens, petit frère, viens dans mon Sud ! Climat doux, tempéré, toujours de l’air. Eh bien non, pas quand tu débarques, là, le temps change, il se met à faire humide. C’est pour te souhaiter la bienvenue, pour que tu coules, pas des beaux jours, non, pour que ton corps coule, se vide de son eau.
-         Arrête, tu vas remplir la mer, on ne veut pas de ton eau ! Je n’ai pas dit tonneau, sèche tes oreilles !
J’aurais  pu être plus sèche, ça l’aurait refroidi.
-         Mais non, cool, m’a-t-il dit…
Quoi, coule ? Pourquoi coule ? Je ne coule pas moi !


Anne Kitline

mercredi 1 août 2012

La plage

J'habite à deux cents mètres de la plage, plage familiale s'il en faut. Chaque été, les mêmes têtes d'adultes vieillissantes et les enfants ou petits enfants qui grandissent. On se connaît, on se reconnaît, on se retrouve. La routine ? non !
Début juillet, les peaux blanches arrivent, elles sont blanches seulement le premier jour, le second, c'est rouge, peaux rouges, homard bien cuit sur toutes les coutures. Les habitués sont déjà couleur pain d'épice ou même plus foncés, c'est selon.
Quinze heures trente, seize heures, il fait chaud,  c'est le départ, sac prêt avec serviettes, en route pour le bain. Tu poses le bardas, chaise et sac, tu retire tes habits, sauf le maillot, on est pas naturiste, et direction l'eau.
Brrrrr... Elle est gelée cette flotte, pire que gelée, ça te glace les doigts de pied. Tu oses un orteil, un pied, puis la cheville et d'un coup, un gamin t'éclabousse. Il n'a pas froid le gosse et il joue, alors, toi, sur son passage, il ne te voit pas; Tu viens de pousser un cri, presque un hurlement :
- C'est froid !
Et là, ton petit fils arrive et ne trouve rien de mieux que de te balancer une autre giclée en rigolant à tes dépens. 
Ma vengeance sera terrible ! Mouillée pour mouillée, je fonce vers lui. La vache, il est plus rapide que moi, et j'en prends plein la figure. Bouhou... Je ne vois plus rien ! Le petit monstre s'en fiche et remet ça de plus belle.

Au bout d'une bonne heure de jeux aquatiques, épuisée, je retrouve mes amis de plage planqués sous les parasols, trois ou quatre parasols plantés les uns à côté des autres, en cercle. En fait, quand je dis -sous les parasols -, c'est faux, je devrais dire : installés autour des parasols. 
- A quoi servent les parasols ?
Ça sert à garder au frais, à l'ombre, les sacs de plage de nous tous, au cas où les serviettes qui sont dedans auraient trop chaud. 
- Tu ris, ce n'est pas une blague, mais c'est marrant à voir.
Sur la plage, on nous repaire vite, des parasol bleus, rouges, et personne dessous, voilà, c'est nous ! Consciencieusement, on fait de l'ombre, mais pour qui ? Si tu as trop chaud, on t'invite, y'a de la place au frais chez nous !

Ce que j'aime dans tout ça, c'est que je ne fais plus rien, sauf allonger mes guiboles sur le sable et écouter les copains refaire le monde. On a tout le temps pour ça et les idées fusent. Ça sert à rien, je sais, mais ça occupe les après midi et à six heures, dix huit heures, retour au bercail. Et c'est reparti, douche, linge, repas, vaisselle... Petit tour du soir, une bonne heure de marche et toujours le même chemin, s'il vous plaît, faut pas changer, hein. Routine, routine, quand tu nous tiens... tu nous tiens bien, je t'assure. 
Ouvre moi la porte, toi qui a le clé... Moi, je l'ai perdue depuis longtemps, la clé. J'ai beau cherché, introuvable, cette foutue clé. Où quelle est ? L'été va passer, comme chaque été, plage, plage ! Viens, je t'invite !

Anne Kitline

vendredi 20 juillet 2012

Ministres

"Il y a le ciel, le soleil, la mer." Cela ne vous rappelle rien ? Si, la chanson, bien sûr ! Et bien moi, le ciel, le soleil, la mer, j'y suis. j'y suis en plein, et que comme il ne fait beau que par chez moi, les touristes affluent, ils n'affluent pas qu'en ville, mais dans ma maison que j'ai petite. Allez, je vous en loge quatre et peut être cinq, mais pas trop gros ni trop gras, juste un petit bout de matelas, une assiette, une fourchette, enfin de quoi se remplir le "cimetière à poulets", j'ai l'âme hospitalière!
J'ai tout de même un gros inconvénient! J'ai la plage à la maison, le sable sur le carrelage, la douche qui grince autant que mes dents, du sable partout, vous dis-je. Déjà que j'ai du mal à toucher un morceau de sucre ou de la toile émeri, alors, imaginez du sable. C'est ma hantise!

Pour avoir un appart "clean", j'ai donc décidé, de nommer mes fils et petits fils Ministres. Le plus jeune, Ministre du balai et du rangement.
- Mais je ne sais pas balayer, moi!
- Tu crois que les ministres savent  faire ce pourquoi ils sont désigné, tu feras comme eux, tu apprendras, c'est en le faisant que ça rentre!
Le second, sera Ministre du nettoyage de la cuisine et de la salle de bain.
- Mon pauvre petit, t'as vu ta tête, ça n'a pas l'air de te brancher un max, moi qui pensais que le titre de Ministre te rendrait heureux, c'est raté !
Mon fils, lui s'occupera de linge, lavage, étendage, rangeage. Oui, je sais, rangement. J'aime créer des mots et puis, ça fait plus corvée !

Donc, aujourd'hui, est le premier jour de leur ministère, de prise en main. Mais point trop n'en faut, mollo-mollo, juste l'indispensable et qui se voit. Pour le reste, à suivre...
Surtout, ne pas passer trop de temps pour remplir leurs fonctions, la plage les attend. La plage, les copains, les copines, le jeux. Et moi, la dedans, après le repas, je fignole, coup d'éponge par ci, serpillière par là. Voilà, c'est terminé, il est deux heures trente, ça fait une heure que l'on est sorti de table. Comme le temps passe, hélas, trois fois hélas !

Mais vengeance, je vais bientôt glander moi aussi, je parts à la plage rejoindre mes amis plagistes. Là, je ne fais plus rien, même pas parler. Dans le groupe, il y a une nana qui parle pour tout le monde, questions-réponses. Impossible de lui couper la parole. D'abord, elle ne t'écoute pas. Ce qui tu dis, elle s'en balance, y'a que ce qu'elle raconte qui est digne d'être écouté et surtout entendu.
Alors, quand elle aura fini de causer, car ce n'est pas parler, donc de causer de la bouffe, de ses fils, de son pays de "l'aut'côté d'la mer", de ses regrets, de son doigt de pied qui lui fait mal, enfin, d'un tas de trucs passionnants, quand elle aura fini, il sera l'heure de réintégrer mes quartiers "annexes plage."
C'est le premier jour, à demain si vous voulez bien.

Anne Kitline